2004 / 2005
Peau humaine synthétique / Human synthetic skin
120 x 80 cm / 31 x 47 in
SF-france — SF-usa — SF-Pax Utopia — SF-europe — SF-arabie — SF de la Paix (SF-SkinBag) — SF-uk — SF-japan
EN
FR
Ma
peau est mon drapeau
Le
drapeau incarne la nation, le
territoire et la frontière. Visible
de loin, il affirme la légitimité supposée de pouvoirs locaux et matérialise l’idée d’un corps collectif abstrait,
assigné à un espace géographique.
Les SkinFlag pastichent
les drapeaux nationaux, tous marqués par les comportements coloniaux
et impérialistes de
l’espèce humaine qui s’est
progressivement approprié le globe. Ils interrogent
la pertinence des frontières nationales, ces
limites territoriales héritées de conflits incessants, et mettent
en question la volonté de faire coïncider identité, territoire
et pouvoir.
Loin
des étendards des édifices officiels, les SkinFlag sont épais
comme des peaux d’éléphants : des draps fossilisés, des reliques d’un ancien ordre politique. Ils rappellent que
toute nation repose sur des corps vulnérables, exposés à la
violence du temps et à celle des hommes.
Ainsi,
les SkinFlag illustrent l’obsolescence
des nations-territoires, recentrant le symbole de souveraineté
sur le registre du corps. Ils ne sont pas
réalisés de textiles aux couleurs chatoyantes, mais de peaux
humaines synthétiquesSkinBag,
reprenant
les teintes des différents groupes ethniques. Le drapeau
cesse d’être un signe graphique pour devenir une surface
sensible.
Dans
le SkinFlag France, le bleu-blanc-rouge se transforme en Black
– Blanc – Beur,
donnant une image incarnée au slogan des années 80.
Les
plis se poursuivent d'une teinte de peau à l'autre, signifiant que
c’est dans les
liens entre ses membres que se fait la cohérence du groupe. Les plis de l’expérience
et des intentions s’impriment dans les peaux, quelles que soient
leurs couleurs. Ces rides sont autant de marques du temps qui
passe, rappelant que les souffrances physiques et psychologiques font
partie intégrante de la condition humaine.
La
matérialité même des SkinFlag est ainsi symptomatique d’un corps
social traversé par ses
contradictions, ses blessures, ses mémoires partagées et ses
espoirs. Il naît de nos différences autant que de nos similitudes.
Nous partageons tous des
aspirations communes, comme
l’accomplissement de soi, le plaisir, le bonheur, l’harmonie.
SkinFlag symbolise l’interaction et l’interdépendance de l’individuel et du collectif. Il se veut le drapeau
de l’être humain, au-delà des
distinctions de races, des limites territoriales et des différends
idéologiques ou politiques.
Les SkinFlag peuvent être mis en relation avec O
démocratie, un projet
conceptuel développé par l’artiste,
qui propose une reconfiguration du
politique par la mise en place d’un logiciel de gouvernance visant
à synthétiser la
pluralité des
avis afin de faire émerger un
consensus juste au-delà
des cadres nationaux.
Là où SkinFlag agit
sur le registre symbolique et corporel, O
démocratie explore
les conditions
opératoires de la démocratie,
condition nécessaire à la transformation de nos proto-démocraties actuelles en une démocratie
digne de ce nom,
à une échelle
trans-nationale.
Objectif
Paix
Le
SkinFlag de la paix est uni. Il ne
s’encombre d’aucun symbole ni d’aucune couleur
distinctive.
C’est un drap-peau brut,
une membrane de matière première, fine, presque translucide.
Le SkinFlag Pax utopia est
un anti-drapeau.
Il nie les
États israélien et palestinien existants en
les fusionnant en une entité
unique. Ce conflit constitue un
exemple révélateur de la relation trouble entre territoire et
identité, terre et drapeau. Cette proposition utopique évoque
l’aspiration à la paix partagée par une majorité d’humains, qui pourtant ne parviennent
pas à empêcher les conflits à tous les
niveaux de leur existence.
Les SkinFlag sont
une réponse aux nationalismes qui revendiquent l’appartenance nationale comme fondement premier
de l’identité.
La résistance est forte.
Chacun
a peur d’y perdre sa peau.
My
skin is my flag
The
flag embodies the nation, territory, and the border. Visible from afar, it asserts the supposed legitimacy of
local powers and materializes the idea of an abstract
collective body, assigned to a specific geographical
space.
SkinFlag parodies
national flags, all of them marked by the colonial and imperial
behaviors of the human species, which has progressively appropriated
the globe. They question the relevance of national
borders, these territorial limits inherited from incessant
conflicts, and challenge the will to make identity,
territory, and power coincide.
Far
from the standards flown on official buildings, SkinFlags are
as thick as elephant skins : fossilized
sheets, relics of a former political order.
They remind us that every nation rests upon vulnerable
bodies, exposed to the violence of time and to that
inflicted by human beings.
Thus, SkinFlags illustrate
the obsolescence of nation-territories,
refocusing the symbol of sovereignty onto the register
of the body. They are not made of brightly colored textiles,
but of synthetic human skins, SkinBag, reproducing the tones of different ethnic groups. The flag ceases to
be a graphic sign and
becomes a sensitive surface.
In SkinFlag
France, the blue-white-red turns into Black
– Blanc – Beur (Black
– White – Arabic), giving an embodied image to
the French slogan of the 1980s.
The
folds extend from one skin tone to another, signifying that the
coherence of a group is forged through the bonds between
its members. The folds of experience and intention imprint
themselves on skins, whatever their color. These wrinkles are marks
of time, reminding us that physical and psychological
suffering are an integral part of the human condition.
The
very materiality of SkinFlags is thus
symptomatic of a social body crossed by
contradictions, wounds, shared memories, and hopes. It is born of
our differences as much as of
our similarities. We all share common
aspirations, such as self-fulfillment, pleasure, happiness,
and harmony.
SkinFlag symbolizes
the interaction and interdependence of
the individual and the collective. It claims to be the flag
of the human being, beyond racial distinctions, territorial
limits, and ideological or political conflicts.
SkinFlags can
be linked to O démocratie, a conceptual
project developed by the artist, which proposes a reconfiguration
of the political through the implementation of
a governance software designed to
synthesize a plurality of viewpoints in order to bring forth a fair
consensus, beyond national frameworks. Where SkinFlag operates on a symbolic and
bodily register,
O démocratie explores
the operational conditions of democracy, a
necessary condition for transforming our
current proto-democracies into a democracy
worthy of the name, on a transnational scale.
Peace
Objective
The SkinFlag
of peace is unified. It carries no symbol and no
distinctive color. It is a raw
skin-sheet,
a membrane of
primary matter,
thin, almost translucent.
The SkinFlag
Pax utopia is an anti-flag. It
denies the existing Israeli and Palestinian states by merging them
into a single entity. This conflict is a
revealing example of the troubled relationship between territory
and identity, land
and flag. This
utopian proposal evokes the aspiration to peace shared
by a majority of human beings, who nevertheless fail to prevent
conflicts at all
levels of their existence.
SkinFlags respond
to nationalisms that claim national
belonging as the primary foundation of identity.
Resistance
is strong.
Everyone fears losing their
skin.